Dépression et anxiété : héritages du cancer

La cancer demande un mental de fer. Outre les traitements douloureux, c’est la charge psychologique imposée et souvent sous-estimée, qui laisse les plus grosses séquelles… Sans accompagnement, difficile de se relever, une fois les soins terminés. 

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Crédits : Anémone123 / Pixabay

Les risques de dépression largement sous-évalués

S’il est vrai qu’une dépression est plus difficile à évaluer quand un patient voit sa vie menacée, doit constamment recevoir des traitements douloureux et expérimente souffrance et fatigue pendant plusieurs mois voire même des années, une étude britannique révèle que le trouble psychologique est sous-diagnostiqué dans près de 75% des cas : de quoi se poser des questions !

Des séquelles pas seulement physiques

Le risque de dépression est, en effet, bien plus élevé chez les patients atteints d’un cancer que pour la population générale. La maladie fragilise sans aucun doute le psychique des patients, le diagnostic et les soins conséquents qu’il entraîne représentant une charge mentale particulièrement lourde à porter.

Le bien-être psychologique des patients est pourtant bien souvent mis aux oubliettes au profit des traitements médicamenteux. Des associations et entreprises sociales existent pour les soutenir, l’accent n’est cependant pas assez mis dessus et les ressources financières manquent. 

De nombreuses études ont analysé la corrélation entre cancer et dépression. Si d’autres recherches doivent être effectuées afin de définir la nature de leur relation, il est indéniable qu’un soutien moral et un accompagnement jusqu’à l’après-cancer ne peuvent être que bénéfique aux patients. Ils ont besoin de moments de détente et de bien-être pour parvenir à mettre entre parenthèses leur maladie.

Un cancer ne définit pas une personne

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Crédits : @PDPics / Pixabay

Aujourd’hui, le cancer se guérit mieux. Physiquement, en tous cas. La réinsertion n’est pas toujours facile et la charge psychologique ne se volatilise pas : il faut se réadapter et reconstruire sa vie.
La plupart de ceux qui en sont sortis souhaitent avancer ; ils ne veulent pas laisser la maladie continuer à les définir ; c’est sans compter l’administratif et les organismes français qui ne les autorisent pas si vite à oublier…

Il y a quelques jours, Thomas, 19 ans, ex-patient atteint d’un cancer a témoigné auprès du journal Le Monde : désormais guéri, il souhaite comme n’importe quel étudiant, continuer ses études ; le commerce, c’est ce qui lui plaît, mais les études sont coûteuses et un prêt étudiant se fait nécessaire pour les financer. Or, majeur au moment de son diagnostic, le jeune homme se trouve dans l’obligation de signaler sa maladie passée auprès de l’établissement financier. Il se voit alors refuser sa demande de prêt. Désabusé, Thomas s’exprime avec amertume : « Voilà. Futurs étudiants, n’ayez pas un cancer. Outre les effets de la maladie et du traitement, vous risquez de vous sentir bien seul dans le combat administratif, et pour construire et financer votre avenir ».

Difficile de vivre l’après-cancer avec sérénité quand on se retrouve démuni à la sortie. Il serait peut-être temps de revoir le budget santé ? Investir dans les nouvelles solutions et les accompagnements au lieu de rembourser les antidépresseurs pourrait être une bonne idée.

Sources : (1) (2) (3)

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