Professionnels de la santé : qualité de vie détériorée

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit cette-dernière comme « un état de bien-être complet physique, mental et social » qui « ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » ; or des études récentes couplées aux nombreuses manifestations infirmières ont révélé un bilan alarmant sur la qualité de vie et le bien-être des soignants. Pour soigner et assister, il faudrait pourtant, en premier lieu, que le personnel qualifié soit lui-même en bonne santé… 

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Crédits : @Engin_Akyurt / Pixabay

Etudiants infirmiers : un bilan de santé inquiétant

Même avant de se plonger entièrement dans le monde médical, les étudiants subissent une pression infernale : le lundi 18 septembre dernier, la Fédération Nationale des Étudiant(e)s en Soins Infirmiers (FNESI) a publié une enquête dévoilant le bilan catastrophique de l’état de santé des jeunes gens.
Stress, dépression, épuisement, surmenage : 61.8% des étudiants déclarent être psychologiquement épuisés en permanence, plus de 40% consomment des médicaments psychotropes et près d’un tiers sont sujets à des crises d’angoisse récurrentes. Si en 2011, ils n’étaient « que » 40.8% à affirmer être souvent voire constamment stressés, le pourcentage a explosé en 2017, atteignant 78.2%…

« Si j’avais su que cette formation m’enverrait 3 semaines en psychiatrie alors j’aurais fait marche arrière le jour du concours »

En novembre 2016, ils ont été des milliers à manifester ; d’autres démonstrations ont suivi en janvier et mars derniers :  leurs attentes sont nombreuses mais pourtant fondamentales au bon déroulement des soins et les mesures concrètes prises pour y répondre sont encore rares voire inexistantes…

Des conditions de travail particulièrement éprouvantes

Travailler au sein du secteur médical n’est pas de tout repos, bien au contraire, le bilan de santé des étudiants en témoigne. Entre facteurs de pénibilité (travail de nuit, posture pénible et fatigante) et risques psychosociaux, une grande majorité souffre d’épuisement psychologique comme physique.

Une intensité de travail et une pression presque intolérables, un manque de marge de manœuvre et de reconnaissance et même des rapports sociaux difficiles : la liste des risques psychosociaux auxquels sont exposés les professionnels du milieu médical est longue. 66% des actifs du secteur de la santé déclarent être continuellement exposés à au moins 3 facteurs de risques : “si j’avais su que cette formation m’enverrait 3 semaines en psychiatrie alors j’aurais fait marche arrière le jour du concours” témoigne un étudiant infirmier auprès des enquêteurs du FNESI.

« Prendre soin de ceux qui soignent »

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Crédits : @sasint / Pixabay

L’étude réalisée dévoile également que près de 3/4 des étudiants ont, au moins une fois, envisagé l’interruption de leur formation « loin d’être bienveillante et humaniste » comme elle l’aurait dû : 80.4% ont même affirmé qu’elle aurait eu un impact négatif sur leur vie.

« J’ai 20 ans je devrais avoir la vie devant moi, me construire et j’ai l’impression de parfois me détruire »

Une réalité bien triste qui influence la qualité des soins prodigués aux patients, sa corrélation avec la santé des soignants étant indéniable, il existe en effet, un lien intimement fort entre les deux ; il a d’ailleurs été soulignée à de nombreuses reprises .

Une grande majorité du personnel s’est pourtant engagée dans cette voie par vocation et au nom de leurs valeurs, ils sont alors les premiers à souffrir de voir la qualité de leurs soins se détériorer…

Prendre soin des soignants en améliorant leurs conditions de vie au travail, en favorisant l’écoute et le suivi psychologique et en développant des innovations thérapeutiques et pédagogiques permettrait sans aucun doute une diminution des psychotropes consommés par le personnel des établissements de santé lui-même. De telles mesures contribuerait ainsi à la qualité des soins dispensés aux patients et aux résidents.

Il est donc grand temps de changer la donne : améliorons le bien-être des soignants, les patients s’en porteront mieux… une petite séance de Bliss ?

Sources : (1) (2)(3)

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