Une thérapie à la pointe de la technologie : la réalité virtuelle pour soigner les phobies

De tous les troubles psychologiques, les troubles anxieux sont les plus fréquemment diagnostiqués : sur une vie entière, leur prévalence s’élève à 21%. La phobie spécifique est la plus commune avant même la dépression : sur une même durée, on estime qu’elle touche jusqu’à 11.6% de la population… Nombreux sont ceux qui  en souffrent et n’osent pas en parler ; non traitées, elles peuvent pourtant devenir un vrai supplice au quotidien. L’arrivée de la réalité virtuelle dans le monde de la santé est une grande avancée qui risque de transformer les procédés. 

Des phobies qui empoisonnent la vie

« La peur est le cauchemar de l’homme éveillé »
– Adolphe d’Houdetot

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Crédits : @geralt / Pixabay

« La peur est le cauchemar de l’homme éveillé » écrit Adolphe d’Houdetot dans son ouvrage Dix épines pour une fleur. Les phobies peuvent, en effet, être réellement handicapantes pour ceux qui en souffrent ; s’immisçant dans leur quotidien, elles peuvent l’altérer sévèrement au point, parfois, de coûter un emploi ou de forcer à déménager.

De nombreuses personnes témoignent de mal-êtres causés par leurs phobies. C’est notamment le cas d’une patiente, victime de sa peur de conduire qui compromet sérieusement sa vie sociale : « J’étais incapable de prendre le volant. Pendant quasiment 20 ans, à chaque fois que je me suis assise à la place du conducteur, j’ai été saisie de sueurs froides, d’attaques de panique, j’étais paralysée à la simple idée de conduire. C’était une angoisse terrible et peu avouable. Socialement, cette phobie est particulièrement honteuse, on en parle très peu. Pendant de nombreuses années, j’ai construit des stratégies de contournement pour éviter de conduire, mais je ne savais pas comment affronter cette peur qui était pour moi insurmontable. »

Plusieurs études ont également démontré un lien de causalité entre phobies et dépressions voire même addictions. Une enquête réalisée sur une centaine de sujets dépendants à l’alcool a révélé que des troubles phobiques ont été diagnostiqués chez plus d’un tiers d’entre eux…

La réalité virtuelle pour les traiter

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Crédits : @szfphy / Pixabay

La thérapie par exposition, qui consiste en une confrontation répétée et progressive du patient à l’environnement problématique, se révèle être une méthode très efficace pour le traitement des phobies.
Le développement de la réalité virtuelle et son adaptation au secteur de la santé a mené cette approche à un tout autre niveau ; plusieurs méta-analyses ont prouvé qu’un tel procédé, utilisant un dispositif de réalité virtuelle, menait à une atténuation conséquente des symptômes liés à l’anxiété

Le patient est plongé dans un univers où il expérimente divers stimuli en lien avec sa phobie. En lui permettant de pratiquer, pendant une situation anxiogène, les techniques de relaxation enseignées sans pour autant l’exposer complètement, la réalité virtuelle crée un compromis entre une immersion en imaginaire et dans le monde réel. Elle entraîne ainsi un gain de confiance qu favorise la guérison.

Atteinte d’amaxophobie, peur de la conduite automobile, la patiente citée plus tôt témoigne alors de son expérience de TRV (thérapie par réalité virtuelle) : « J’ai effectué 3 séances de simulation. C’est étonnant parce qu’on a réellement la sensation d’être au volant, sur la route, dans les embouteillages, sur l’autoroute… des situations que je ne me pensais pas capable de vivre. Avec la réalité virtuelle, je l’ai fait ! Et grâce à l’accompagnement de la psychologue sur l’identification des angoisses et la façon de les neutraliser, j’ai surmonté ma peur, alors que je croyais sincèrement être un cas totalement désespéré ».

Outre son efficacité, l’un des avantages du dispositif est qu’il rend possible l’exposition à certaines situations difficilement reproductibles en réalité, on pense notamment à l’acrophobie (peur des hauteurs), l’aérodromophobie (peur des avions et, par extension, celle des voyages), la cheimophobie (peur des orages et des tempêtes), etc.

Les applications de réalité virtuelle sont pourtant encore rares dans le milieu de la santé mais de plus en plus de spécialistes s’y intéressent : on pense notamment au docteur Stéphane Bouchard, expert en cyberpsychologie et reconnu mondialement pour ses traitements des troubles anxieux. Dr Bouchard travaille actuellement en collaboration avec l’Effet Papillon pour le développement de Bliss, une solution de détente et de bien-être usant de la réalité virtuelle :  une progression à suivre…

Sources : (1) (2) (3)

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