La réalité virtuelle : l’avenir de la formation hospitalière ?

Dans quelques dizaines d’années, la réalité virtuelle deviendra probablement aussi importante pour la médecine que les simulateurs de vols le sont aujourd’hui pour l’aviation.
Nous l’avions mentionné dans un article précédent : la réalité virtuelle s’est invitée dans le monde de la santé. Non seulement dispositif thérapeutique, elle est également devenue un outil d’enseignement et de formation permettant de réaffirmer le principe éthique « jamais la première fois sur un patient »…

simulation d'opération en réalité virtuelle
Crédits : Cornell Urology / Wikipédia

Former les apprentis aux différents gestes

Si par le passé, les internes perfectionnaient leurs compétences principalement en observant leur chef de service et en ré-exploitant leurs connaissances dans le milieu pressant et anxiogène qu’est la salle d’opération, ils ont aujourd’hui, grâce aux nouveaux outils, la possibilité de s’exercer préalablement jusqu’à la maîtrise totale et l’optimisation de leurs gestes.

Il est vrai de dire que l’acquisition des compétences psychomotrices nécessaires à la pratique chirurgicale est un phénomène très complexe pour lequel l’expérience est déterminante. Même supervisés par un personnel-cadre, de nombreux internes commettent encore inévitablement des erreurs, par manque de pratique et ne possédant pas l’habileté accumulée au cours des années.

Les évolutions constantes de la technologie ont récemment rendu possible la création de  simulateurs de différentes chirurgies en 3D temps réel, marquant alors le début d’une nouvelle ère de la simulation informatique et de la formation médicale. 
Dans une optique pédagogique, ces dispositifs offrent l’opportunité aux étudiants d’apprendre en pratiquant de façon totalement sécurisée les gestes des procédures chirurgicales.
Profitant d’un nombre d’interventions infini, les étudiants n’ont pas à craindre une erreur éventuelle et peuvent ainsi perfectionner leur technique jusqu’à la maîtriser complètement.
Le réalisme de l’outil permet un apprentissage rigoureux et minutieux tout en réduisant le temps d’enseignement que nécessite une formation traditionnelle.

Des bénéfices multiples

Outre une expérience précieuse en terme de pratique, la simulation en réalité virtuelle offre de nombreux avantages : on pense notamment à une meilleure gestion des erreurs . Lors du traitement d’un patient, toute erreur doit immédiatement être corrigée ; dans le cas d’une simulation, il est tout a fait possible de la laisser se développer afin de compléter les connaissances de l’apprenant.
L’immersion dans un univers de réalité virtuelle participe également à une meilleure gestion du stress et améliore la rapidité de la prise de décision, elle est donc nettement favorable à la formation.
Par ailleurs, l’éthique médicale, reposant sur le principe d’autonomie du patient, octroie le droit à celui-ci de refuser les soins procurés par un apprenant, ce dernier doit donc compenser cette perte d’apprentissage et la simulation VR le lui permet.
Une telle méthode de formation peut aussi conduire à une réduction des coûts pour les établissements hospitaliers : la formation du personnel représente une très large part des dépenses de soins de santé et les connaissances se multiplient d’année en année ; une « simple » mise à jour des logiciels permettrait un gain de temps et d’argent non-négligeable pouvant être utilisé au profit des patients.

Une mise en place laborieuse

chirurgies hôpital VR application
Crédits : @Brother UK / Flickr

Si les bénéfices de la réalité virtuelle comme outil de formation sont nombreux, son introduction dans le milieu hospitalier n’en reste pas moins un challenge.

Les dispositifs de réalité virtuelle assez sophistiqués pour offrir des modélisations complexes et des fonctionnalités spécifiques et diverses sont particulièrement chers aujourd’hui ; tous les établissements ne possèdent pas les moyens financiers pour se le permettre. Ces mêmes technologies connaissent cependant un attrait important non seulement au sein du milieu médical mais également auprès du grand public, elles deviennent alors plus abordables d’années en années et toujours plus élaborées. S’il faudra plusieurs années, voire dizaines d’années avant de voir une majorité des établissements en posséder, leur intérêt à s’équiper présente un caractère certain dont ils ont conscience. 

Ces nouveaux outils demandent, bien entendu, qu’ils soient intégrés de façon réfléchie à la formation : la technologie n’améliore pas, d’elle-même, l’apprentissage, même les innovations éducatives les plus prometteuses nécessitent une introduction appropriée pour être efficaces : tout le personnel devra ainsi être formé à la manipulation du dispositif pour optimiser son utilisation. 

 

Entre les accessoires toujours plus innovants et adaptés – à l’instar des gants équipés de capteurs et offrant un retour haptique simulant la sensation de préhension des objets – les graphismes plus réalistes et détaillés et  le développement de nouvelles fonctionnalités – comme un mode coopératif permettant la reproduction d’un travail d’équipe lors d’une opération – les possibilités de la réalité virtuelle semblent sans limite.

L’outil va ainsi certainement et prochainement, révolutionner la formation.

Sources : (1) (2) (3)

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